3 questions... Lucien Chabason

PRÉSIDENT DU PLAN BLEU POUR LA MÉDITERRANÉE MEMBRE DU COMITÉ SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE DE LA FONDATION PRINCE ALBERT II DE MONACO

Vous avez récemment participé au 5ème Forum mondial de l'eau à Istanbul. Quelle en est votre analyse ? Peut-on notamment faire état de progrès pour la question cruciale de la “gouvernance de l'eau” dans les pays du bassin méditerranéen ?

J'ai été frappé par le caractère de plus en plus alarmant des analyses qui sont produites par les experts internationaux sur la disponibilité des ressources en eau qui décroit et par la prise de conscience des enjeux liés à l'eau par les responsables politiques et économiques. On note aussi que la gestion de la demande, prônée en Méditerranée par le Plan Bleu et la Commission méditerranéenne du développement durable, est désormais reconnue comme une des approches indispensables. La pollution des eaux douces, la nécessité corrélative de l'assainissement et de l'épuration des eaux usées est une autre question qui a été abordée ; l'inquiétude croit face à l'ampleur des besoins. A ce jour, il est très douteux que les objectifs du Millénaire pour le développement puissent être atteints au rythme actuel d'investissement. Face au coût de l'assainissement, les moyens financiers sont encore bien modestes. On ne fera pas aisément de l'assainissement avec des techniques de financement privées. Il est indispensable d'accroitre substantiellement l'effort d'autofinancement dans les pays en voie de développement et d'accroitre la part de ces investissements dans l'aide publique bilatérale et multilatérale.

Vous présidez l'association non gouvernementale de droit français “Plan bleu pour l'environnement et le développement en Méditerranée.” Quelles sont ses orientations stratégiques, son actualité ?

Le Plan Bleu est une équipe de recherche et de prospective sur l'environnement et le développement en Méditerranée, créée dans le cadre de la Convention de Barcelone pour la protection de le mer Méditerranée ; il a travaillé à des scénarii d'avenirs possibles et a attiré l'attention sur le caractère non durable de certaines évolutions notamment en matière d'eau et d'occupation du littoral. Plus récemment, le Plan Bleu s'est investi dans la question de l'énergie et du changement climatique, tant sur le
plan de l'impact du réchauffement sur les écosystèmes et la vie des établissements humains en Méditerranée que sur les réponses que les pays et les acteurs concernés
pourraient apporter. A la suite des travaux globaux du Groupe Intergouvernemental des Experts pour le Climat, une déclinaison méditerranéenne des effets du réchauffement a été produite. Les perspectives sont préoccupantes notamment en matière de réduction de la pluviométrie, de désertification, de changements écologiques dans le milieu marin, de recul du trait de côte et d'envahissement des estuaires et deltas. Parmi les originalités de l'approche du Plan Bleu, on note le recours à l'analyse systémique redevenue à la mode depuis le début de la crise en raison de l'imbrication des phénomènes économiques, sociaux, écologiques et territoriaux et l'approche participative avec les 22 pays riverains ; le Plan Bleu associe les experts de l'ensemble des pays méditerranéens à ses travaux de façon à favoriser l'échange et l'enrichissement mutuel mais également la prise de conscience des problèmes de développement durable.

Vous annoncez la mise en place d'un think tank dédié à la gestion de l'eau par les collectivités locales. Très concrètement, comment va fonctionner ce lieu d'étude et d'échanges ?

Ce think tank s'inscrit dans le prolongement de l'Exposition Internationale de Saragosse, à l'été 2008 ; il rassemble la Fondation Prince Albert II, Veolia Environnement, l'UNITAR et le Plan Bleu. Son objet est de recenser, d’échanger et de capitaliser les expériences acquises par les collectivités territoriales du bassin méditerranéen en matière de participation à la gestion intégrée des ressources en eau. Des études de terrain seront lancées et intéresseront une palette de situations locales représentatives de la diversité de la région et un symposium de restitution devrait se tenir en 2010. Nous attendons beaucoup de ce travail en commun qui devrait permettre de mieux comprendre comment se posent concrètement les questions de gestion locale de l'eau et comment y répondre de façon réaliste au-delà de l'énoncé des grands principes.
 

 RENCONTRE AVEC JEAN ARCELLINI 

 Un Personal Coach : c’est quoi?

D A votre avis, qu’est-ce que c’est qu’un Personal Coach et pourquoi avez-vous choisi cette profession?

R Le Personal Coach est quelqu’un qui aide-écoute, il doit trouver des solutions concrètes à des difficultés temporaires que l’on rencontre dans une phase de changement. Il ne travaille pas sur le passé qui représente une « situation fermée » mais il doit plutôt travailler sur le présent et sur le futur et se concentrer sur l’action. Il est important de savoir écouter et à mon avis il existe trois règles fondamentales : ne pas porter de jugements, entrevoir toujours le mieux pour l’autre, établir une relation de confiance. Pour que la personne s’exprime au mieux et afin de pouvoir éclairer le présent, elle doit faire confiance au Personal Coach et pouvoir s’exprimer dans une ambiance de familiarité. Cela permet de dénicher la difficulté, puis d’appliquer un plan d’action et de programmer le travail par des exercices et de l’acharnement. Souvent, les managers n’ont pas la possibilité de s’exprimer vraiment et le Personal Coach doit savoir offrir cette possibilité afin qu’ils expriment leurs potentialités et qu’ils surmontent les situations de grand stress.

D Quel a été votre parcours professionnel?
R Je suis diplômé d’une grande école de commerce en France, puis j’ai travaillé dans le domaine automobile. A 40 ans, j’ai compris que j’étais en mesure de motiver les gens et de rendre plus efficaces mes collaborateurs. Je savais motiver la personnalité humaine. J’ai eu ainsi l’opportunité de changer de travail. Je ne voulais plus vendre, je n’étais plus intéressé à la carrière de manager ni à faire partie des comités dirigeants. J’ai préféré aider les autres managers. J’ai écrit deux livres : “L’amour dans le sang ”Charlotte Valandrey et “ Nue ” Sylvia Kristel. Ces deux livres m’ont assuré un équilibre financier et j’ai pu démarrer mon activité de Personal Coach.

D En ce moment de crise mondiale, quel est le travail du Personal Coach?
R En ce moment, il y a plusieurs choses qui changent ; moi je travaille sur la pyramide de Maslow. A la base de la pyramide il y a les besoins physiologiques, au deuxième niveau le besoin de sécurité. La sécurité est un état et un besoin nécessaire pour vivre bien : pour cette raison, si on a un problème professionnel qui cause un état d’insécurité, on ne pourra pas accéder au niveau supérieur.
En ce moment, le rôle du Personal Coach est celui de rassurer, de soutenir et d’aider les gens à trouver de nouvelles ambitions.
Actuellement, beaucoup de managers ont peur, ils ne se sentent plus sûrs car beaucoup de sociétés ferment ou licencient leurs employés. Le Personal Coach intervient pour faire comprendre aux gens que l’insécurité est un sentiment inévitable en période de forts changements.
Tout change, le futur n’est jamais certain et le changement fait partie de notre vie. Le meilleur travail qu’on puisse faire en cette période de changement et de transition est de travailler sur soi-même. Le potentiel humain change moins que l’extérieur et les gens ne doivent pas dépendre des influences externes. A mon avis, il est plus difficile de corriger les défauts que de travailler sur ses propres qualités. En Période de crise, il est d’autant plus important de développer ses talents, le Personal Coach fait prendre conscience de ses propres potentialités.
 

D Pouvez-vous nous décrire votre approche lorsque vous travaillez avec un manager en difficulté?
R Tout d’abord il faut parler au présent, il faut faire un bilan rapide du passé, aussi bien professionnel que personnel afin de dénicher le problème.
La personne doit toujours se familiariser avec elle-même et avec ses problèmes. Il faut travailler sur les potentialités, faire un plan d’action, travailler avec et sur notre programmation, notre conditionnement et parfois utiliser la PNL, programmation neuro-linguistique. Travailler sur les souvenirs, les évènements marquants de notre vie et les modifier afin d’acquérir une perception différente d’une certaine situation.

D Pouvez-vous nous expliquer quel est le sens du changement dans la vie d’une personne?

R Il est tout à fait intéressant de travailler sur le cycle de la vie. Chaque personne vit un automne, un hiver, un printemps et même un été, et ce plusieurs fois. Chacun d’entre nous vit les différentes saisons. Tout fluctue et on ne peut pas toujours être optimistes, on ne peut pas toujours être gentils etc…Les personnes ne peuvent pas toujours être heureuses. Si une personne vit une période malheureuse et qu’elle n’est pas motivée elle doit passer à une autre période de son cycle de vie, à une autre saison. Beaucoup de gens passent trop de temps « en hiver » et alors il faut les aider à être plus optimistes et à passer à une autre saison de vie. Il est très important de connaître les cycles de la vie personnelle et professionnelle. Le mieux pour la productivité et pour obtenir plus de profits c’est de rester dans une saison positive, optimiste.

D Pourquoi s’en remettre à un Personal Coach?
R Quand je commence mon travail avec quelqu’un, je rédige un document de confidentialité afin d’établir un véritable rapport de confidentialité. A mon avis, il faut qu’il y ait un feeling immédiat. Un bon personal Coach doit aider l’autre à être constructif et à se retrouver soi-même dans les moments importants de la vie professionnelle et quelque part même de la vie privée.

D Quelle est votre vision de l’avenir des managers dans une future situation économique?
R Le profil des managers changera. Il s’agira sans aucun doute d’un personnage plus humain, plus généreux, moins égocentrique. Le manager devra rassurer ses collaborateurs, être plus expert car face à un marché en difficulté c’est l’excellence qui compte. Les dirigeants devront avoir plus de force. A mon avis, l’évolution du manager sera très intéressante. Bref : plus de connaissances techniques, plus de résistance psychologique, plus de force, plus d’humanité et moins d’égocentrisme.

 INVESTISSEMENT DANS L’ART ARTNETWORTH

 J’ai rencontré à Milan Massimo Maggio, Administrateur Délégué et associé NW ainsi qu’Edoardo Didero, Directeur Général ANW.ArtNetWorth a été fondée il y a environ trois ans par 7 associés dans le but d’apporter le professionnalisme dans le marché de l’art, notamment par la création d’un système d’évaluation des œuvres et des objets d’art basé sur une procédure quali-quantitative sans intérêts spéculatifs ni personnels.Le but de cette société est celui d’assister les institutions, les banques, les assurances ainsi que les privés, en leur assurant un avis professionnel sur la gestion des patrimoines artistiques et des investissements dans ce secteur.En effet, de nos jours, il n’existe ni de sources sûres, comme par exemple un quotidien, qui fournissent des informations fiables ni de normes juridiques claires qui concernent le marché de l’art. Il est donc très difficile d’interpréter les lois à cet égard et d’agir correctement.Des ambiguïtés analogues se rencontrent aussi lorsqu’on essaie d’établir la valeur d’une œuvre.En fait, à l’heure actuelle, il est aussi difficile de déterminer la valeur réelle d’une œuvre d’art. Aujourd’hui, beaucoup de gens achètent des biens artistiques sans savoir exactement si l’acquisition est à la juste valeur de marché. Cela était acceptable jusqu’à ça fait quelques années, lorsque les gens n’achetaient que pour un simple plaisir personnel, pour des raisons esthétiques- culturelles et pour une réception personnelle. Par contre, aujourd’hui, l’acquisition d’œuvres d’art a une retombée énorme en terme d’investissement donc de tels achats ne sont plus recommandés.En fait, de nos précédentes recherches sur les petites et moyennes sociétés il ressort qu’à l’heure actuelle beaucoup de sociétés constituent à leur intérieur un actif patrimonial d’œuvres d’art conçu exactement comme une forme d’investissement.En plus, il arrive souvent que pour des raisons personnelles, il soit nécessaire de capitaliser des collections entières et qu’à la fin on se retrouve avec une valeur totale des œuvres beaucoup plus inférieure que le prix d’achat car elles ont été précédemment acquises à un prix hors marché.Ou alors c’est le cas de beaucoup de banques et de nombreuses institutions qui possèdent de grands patrimoines d’oeuvres mais des ressources insuffisantes pour une gestion correcte et fructueuse de ces biens, étant souvent inconscientes de leur valeur réelle.Nous, en tant qu’ArtNetWorth, nous avons démarre un travail de recherche concernant l’évaluation des oeuvres d’art et nous avons crée un modèle spécifique d’évaluation. Ce modèle est basé sur des critères quali-quantitatifs et certifié par le Ministère des Affaires Culturels italien.Nous sommes ainsi en mesure d’assurer une procédure qu’actuellement personne ne peut assurer à tous ceux qui nous demandent une évaluation. Nous pouvons donc affirmer qu’en Europe nous représentons la seule entité super partes qui puisse certifier la valeur réelle des œuvres d’art. D’ici peu, le modèle ANW recevra aussi une attestation européenne délivrée par une importante société de révision, afin de garantir encore plus le respect des standards qualitatifs fixés et utilisés pour l’octroi de ce passeport.La validité et l’efficacité de notre méthode permettra de soutenir les banques par exemple dans la rédaction de leurs bilans ou bien les assurances dans la délivrance d’une police en valeur agrée. Notre but est de transférer un modèle de travail afin de développer un groupe qui soit en mesure d’offrir au monde du collectionnisme international un professionnalisme lui permettant de valoriser les actifs patrimoniaux.Les nouveaux collectionneurs ainsi que les fonds d’investissement ont montré que l’art peut représenter une des solutions la plus attractive de l’investissement alternatif.Parmi les investisseurs, l’art contemporaine, plus volatile mais aussi plus liquide, est un des choix le plus diffusé. A notre avis, Monte Carlo est un protagoniste potentiel du monde de l’art, grâce à sa position, à la création du Nouveau Musée ainsi qu’à la politique du Prince Albert II, qui aime beaucoup l’art.En ce moment de difficulté, l’art représente la réponse à la crise elle-même. Être prévoyant signifie considérer l’art comme une valeur refuge qui permet non seulement d’immobiliser le capital mais aussi de le valoriser. Nous pouvons donc affirmer que l’art représente une opportunité énorme.

 
 
 

 

Trois questions à Mr Bernard D’Allessandri, Secrétaire Général du Yacht Club de Monaco

 
 
Quels seront les temps forts du Yacht Club de Monaco en 2009 ?

2009 va revêtir un caractère particulier pour notre Club avec l’anniversaire des 25 ans de Présidence de SAS le Prince Albert II, la commémoration des 100 ans de Tuiga, notre vaisseau amiral du 16 au 20 septembre et la 25ème édition de la Primo Cup – Trophée Credit Suisse.
Dès sa nomination en avril 1984 par le Prince Rainier III, S.A.S le Prince Albert II, très impliqué dans la vie du Club, a tout de suite souhaité développé l'aspect sportif du YCM, renforçant les structures de formation des jeunes régatiers, notamment au niveau de la voile légère et en créant de nouvelles manifestations d’envergure internationale.
C’est ainsi que dès la première année de sa présidence, en 1985, sera lancée la Primo Cup, ainsi que la transatlatique Monaco - New York toujours très présente dans les esprits avec la participation du Biotonus-YCM.


Qu’elle a été évolution de la Primo Cup au cours de ces 25 années ?

La Primo Cup – Trophée Credit Suisses’est imposée comme le plus grand rassemblement de monotypie en Méditerranée, qui ouvre la saison de régate internationale.
De quelques dizaines d’unités à ses débuts, nous accueillons aujourd’hui sur huit jours de course, près de 300 bateaux, soit près de 1500 équipiers, représentant une vingtaine de nations. Il est vrai que la douceur méditerranéenne à cette période séduit grand nombre de compétiteurs russes, anglo-saxons, scandinaves et autres.
Véritable terrain d’expérimentation quant à l’organisation sur l’eau (départs enchaînés, parcours adaptés au haut niveau, dispositif de sécurité, etc.), la Primo Cup a toujours fait preuve d’un esprit novateur, accueillant également à chaque édition de nouvelles séries, à découvrir en avant-première sur notre plan d’eau.

C’est aussi pour cela que de nombreux chantiers, à l’instar de Bénéteau ou de Swan, viennent parallèlement" lancer de nouvelles unités ; la Primo Cup et la Principauté étant une place incontournable du Yachting mondial.


Quelles sont les attractions de cette année ?

Aux côtés des traditionnelles séries, tels les J/24, Surprise, Smeralda 888, Melges 24 et Mumm30, la Primo Cup – Trophée Credit Suisse présentera cette année les Esse 850, des monotypes taillés pour la vitesse qui effectueront à Monaco leur première régate officielle en mer, aux côtés des Longtze Premier. Ce nouveau sportboat, construit en Chine à Qingdao, ville des épreuves de voile des Jeux Olympiques, a été développé par le défi franco-chinois de l’America’s Cup.

Nous fêterons également les 80 ans des Dragon, en réunissant l’élite mondiale de la discipline. Du haut niveau en perspective et un spectacle à admirer depuis tous les abords maritimes de la Principauté : du Musée Océanographique jusqu’aux plages du Larvotto.

 PAOLA GREGGIO ET LE MONTE-CARLO FILM FESTIVAL

 
A l’occasion de la 8ème édition du Monte-Carlo Film Festival de la Comédie j’ai rencontré Paola Greggio, organisatrice de l’évènement. Pour moi, c’est un plaisir de la présenter sur Monte Carlo Time.
 
D Ça fait 8 ans que le Festival a été crée: est-ce qu’il a subi des transformations?
 R Notre Festival est en train de se développer poursuivant le but de rehausser la dignité de la comédie.
Le Monte-Carlo Film Festival de la Comédie a été crée il y a 8 ans suite à la rencontre entre Ezio et son ami  Franco Cauli, un journaliste prestigieux de l’ANSA, récemment disparu et à qui nous avons dédié l’édition de cette année. Lui, il avait un petit festival qui se déroulait à Boario mais auquel il voulait donner une ampleur internationale. Ezio a donc demandé à Mario di Francesco et à moi-même ce que nous en pensions : nous avons beaucoup aimé cette idée et nous nous sommes lancés en pionniers dans cette aventure. Nous avons immédiatement estimé que la comédie, d’un point de vue cinématographique, représente une tranche de la vie quotidienne car elle est tout à fait centrée sur la vie commune. Nous avons aimé l’idée de conférer à la comédie une visibilité internationale car dans les festivals elle n’était pas trop présente, elle était toujours mise de côté.
Dès la première année, nous avons obtenu des consensus. S.A.S. le Prince Rainier III, qui aimait le cinéma, comme d’ailleurs tous les membres de la Famille Souveraine, nous a accordé le patronage.  Dans le passé, nous avons eu également un président de jury prestigieux tel qu’Alberto Sordi qui a fortement soutenu ce festival.
 
 
D Pourquoi avez-vous choisi Monte –Carlo?
 R Parce que c’est un endroit stratégique : il a des liaisons faciles, un caractère international et de bons services, des éléments essentiels pour la bonne réussite d’une manifestation. Bien évidemment, il y avait aussi le charme de la Principauté.
 
D Est-ce que le festival a démarré exclusivement avec la comédie italienne?
 R Non, dès le début, les films en concours venaient de différents pays. Par exemple, je me souviens  que la première édition a été remportée par un film suisse. Souvent, les films en concours sont des premières oeuvres mais il y a également des avant-premières de films qui vont sortir sur le marché français ou italien.
 
D Ezio Greggio est l’âme du Festival mais est-ce qu’il y a aussi un groupe qui travaille pendant toute l’année pour la réussite du festival?
 R Ezio est sans aucun doute le père de la manifestation. Mais il y aussi un grand travail de coordination de toute l’équipe qui est fait par le co-directeur du Festival Giampiero Garelli et moi-même.
C’est un comité spécialisé en cinématographie et dirigé par Giorgio Gosetti qui identifie et sélectionne les films. Il y a aussi un règlement sur la base duquel les films sont admis au festival. C’est Mario Monicelli qui dirige le comité de sélection. Notre travail commence par la sélection des films jusqu’à leur vision. La communication en Italie et en France est un autre aspect essentiel et j’en suis très satisfaite car j’estime qu’elle a toujours centré ses objectifs.
 
D Pourquoi l’idée d’un festival exclusivement de la comédie?
 R Tout d’abord parce que, comme je disais avant, la comédie ne trouve pas de place dans les concours ni dans les festivals bien que les études de marché des dernières années aient montré qu’il s’agit d’un genre aux très bons résultats, notamment au niveau des recettes. Je pense que c’est une donnée essentielle.  
 
D Entre la comédie italienne, la comédie française et la comédie américaine quelle est, à votre avis, la new entry du marché cinématographique international?
 R L’Espagne qui a sans aucun doute des metteurs en scène ainsi que des acteurs merveilleux mais aussi le reste de l’Europe.
 
D Quels sont vos prochains objectifs ?
 R Commencer à organiser la 9ème édition du Monte-Carlo Film Festival de la Comédie.
 
 
 
 
 

 

Père Thomas Williams, L.C.

chez Liana Marabini: la foi qui épouse la culture chrétienne

 
Nous avons rencontré Père Thomas Williams, L.C., invité dans le cadre du cycle de conférences sur la culture et le christianisme, avant son intervention qui illustrerait en termes généraux le contenu de son dernier livre, GREATER THAN YOU THINK, un best-seller publié en anglais et prochainement, grâce à la Liamar Editions, en français et en italien aussi.  
 
Aujourd’hui quel est le sens du christianisme et du rapport entre le bien et le mal?
 
Le Christianisme affirme qu’il existe aussi bien le mal que le bien et il croit en la raison.
Aujourd’hui, curieusement, les gens vivent de façon rationnelle et pourtant ils ne croient plus en la raison. L’Eglise catholique explique tout ça affirmant qu’il existe une raison et une vérité à atteindre et pour le monde actuel cela représente une découverte. Il existe également une vérité morale et c’est ça que l’Eglise défend : nous devons rechercher la vérité. Il ne suffit pas d’être sincère avec soi-même, il faut être sincère avec les autres. Mais depuis toujours les gens recherchent quelque chose et beaucoup d’entre eux ne souhaitent pas s’engager dans la recherche de Dieu car elle pourrait être difficile donc ils se rabattent sur une spiritualité light car chacun veut être soi-même.
 
 Quelle est la relation entre les jeunes et l’Eglise d’aujourd’hui?
 
Aussi bien le Pape Juan Paul II que le Pape Benoît XVI ont fait beaucoup pour les jeunes. A mon avis, il est très important de consacrer le temps et l’attention nécessaires afin de leur donner tout ce dont ils ont besoin. Mais souvent, aujourd’hui, on n’a pas de patience et d’esprit de sacrifice. Afin de rentrer dans la vie des jeunes, il faut leur donner les bases et il faut comprendre quels pourraient être leurs obstacles. Nous ne pouvons rentrer dans leur monde qu’en les connaissant et en les comprenant. Il faut que les adultes s’engagent sérieusement. Sous cet aspect-là, Juan Paul II a été formidable. Par sa persévérance, il voulait conquérir les jeunes. Alors que la vieille école le croyait  impossible et qu’elle considérait les jeunes comme une génération perdue, lui, il n’a jamais  renoncé, il n’a jamais jeté l’éponge. A sa manière, Benoît XVI fait pareil, il n’a pas la même personnalité mais lui aussi, il apprécie les jeunes bien qu’il ait un style différent.
On s’en aperçoit pendant les journées de la jeunesse. J’espère que tous les prêtres et tous les évêques utilisent le même esprit. Nous devons défier les jeunes : eux, ils sont des idéalistes, ils le sont aussi bien pour leur nature que pour leur âge, ils aiment les grands défis et nous devons les défier dans les grandes aventures, dans les grandes missions, dans les grandes vocations même en leur demandant des sacrifices. Les jeunes savent faire des choses plus grandes que nous ne pensons. J’estime important de donner aux jeunes des bases solides ainsi qu’une bonne formation.
 
 
Qu’est-ce que vous pouvez nous dire à propos du Pape Benoît XVI et de son travail apostolique ?
Si en tant qu’être humain le Saint Père est une très belle personne, en ce qui concerne sa formation et son idéologie il semble être guidé par la Providence. Personnellement, je pense que ce Pape est un cadeau pour l’humanité. Dieu nous a fait cadeau de deux grands Papes, l’un après l’autre, deux personnages extraordinaires, Dieu nous aime beaucoup et nous devons en être reconnaissants.
Ce sont deux hommes si différents et pourtant profondément unis, deux styles et deux charismes différents mais qui essayent tous les deux de comprendre les priorités de l’Eglise, de comprendre les besoins de l’homme.  
Je crois que la Papauté est aujourd’hui la seule voix, la seule autorité vers laquelle tout le monde se tourne, même les non catholiques, afin de comprendre où se trouve la vérité.
 
Comme je le disais avant, aujourd’hui il nous faut un guide et ce guide c’est le Pape.
Aujourd’hui l’autorité est un aspect important et nous devons comprendre en qui nous pouvons faire confiance, qui peut être notre guide, il faut suivre un guide ferme.
L’Eglise Catholique a été fondée sur ce principe, les disciples doivent faire confiance au guide de Jésus et de ses successeurs, c’est l’histoire du Christianisme. Dans sa dernière encyclique sur l’espérance, Benoît XVI affirme que le seul qui soit digne de notre confiance totale est Dieu. L’homme doit pouvoir espérer, il lui faut donc trouver celui qui est digne de cette confiance, il ne trouvera la paix que par ce moyen.
 
 
Aujourd’hui quels sont les contrastes religieux?
 
Même sur ce thème, Benoît XVI a été ferme et intransigeant: on ne peut justifier aucune guerre au nom de Dieu. Un chrétien ne peut pas faire la guerre au nom de Christ, c’est un contresens de déclencher une guerre d’une religion contre une autre religion. La religion n’est pas la cause des guerres. Parfois, on se sert de la religion pour faire la guerre mais il s’agit d’une distorsion de la vérité.  Pour cette raison, je crois que Benoît XVI a pris une position très nette à ce sujet et qu’il refuse avec force l’idée qu’on puisse faire une guerre au nom de la religion. Je pense que tous devraient renoncer à l’idée que par la guerre on puisse atteindre la suprématie religieuse. Dieu n’aime pas ceux qui se convertissent sous coercition car cette conversion n’a pas été souhaitée, ce n’est pas la volonté de Dieu. Je crois que le dialogue est beaucoup plus productif pour les Pays ainsi que pour les hommes. Parfois, il faut peut-être un dialogue dur afin de convaincre ou de faire valoir ses idées mais il s’agit toujours d’un dialogue, d’une communication entre les hommes : ce n’est pas du tout une guerre avec ses morts. Même les soi-disant guerres de religion sont souvent des guerres de territoire, des guerres nationales où la religion n’est qu’un drapeau, un prétexte,.
 
 
Quels sont les thèmes qui ont inspiré votre livre?
 
La première raison ainsi que la plus forte a été le fait de pouvoir donner une réponse et des conseils sur des thèmes récurrents de grande actualité. J’ai trouvé 27 sujets, je les ai regroupés en cinq grands thèmes, ensuite j’ai formulé des questions et/ou des accusations lancées à l’encontre de l’Eglise et j’ai essayé de trouver les réponses, une sorte de petits essais.
C’est un livre qui ne doit pas être lu tout entier, depuis le début jusqu’à la fin, on peut choisir le thème qui intéresse le plus, l’Eglise et la Science, l’histoire du Christianisme, la religion est-elle un bien ou un mal pour la société ? etc..
Mon but était de fournir un instrument aux gens troublées par des sujets concernant l’histoire de l’Eglise ou de la philosophie car j’ai étudié tout cela, c’est ma profession, je devais procurer un service afin d’éviter les bouleversements de foi.
 
 
Comment voyez-vous l’avenir des Etats-Unis avec le nouveau Président, ses fronts de guerre et son économie ?
 
Je souhaite au nouveau Président des Etats-Unis tout le succès possible bien que j’aie des doutes sur lui mais j’espère me tromper. Je ne vois pas de grandes propositions, de grandes idées pour l’avenir, je vois plutôt beaucoup de rhétorique, une grande éloquence, une grande capacité de communication. C’est un personnage agréable à écouter mais si on fouille un peu et qu’on considère sa proposition sur ce qu’il faut faire, on ne trouve rien. Bien qu’il s’agisse d’un thème social et pas d’un thème de la foi, les catholiques sont inquiets par rapport à sa position sur les thèmes concernant la vie humaine, notamment la question de l’avortement. Au Congrès, Barack Obama était le plus libéral, libéral au sens américain du terme, celui qui était le plus à gauche, le plus favorable à l’avortement sans aucune restriction. La protection de la vie humaine est un sujet que j’aime beaucoup. Le droit à la vie est l’élément qui fait d’un peuple une civilisation. Je me demande quels sont ses principes, j’espère qu’il choisira une équipe qui l’aide à gouverner l’Amérique et que ses collaborateurs seront de bons conseillers. Au niveau économique, je ne suis pas si pessimiste, la situation est sans aucun doute très difficile mais je ne pense pas que ça dure longtemps. Je pense qu’il y a déjà des personnes qui sont en train d’adopter les instruments nécessaires afin de dépasser cette crise. C’est un moment difficile mais finalement le monde ne va pas si mal au plan économique. C’est la chute des banques, c’est un problème financier, ce n’est pas une question de productivité. Pour les Etats-Unis, le sujet de la guerre est dépassé, la principale guerre est en train de s’éteindre, ils sont en train de la gagner et Obama n’en aura que les mérites. Mais comme je l’ai déjà dit, les doutes que j’ai sur lui concernent principalement les sujets culturels et moraux.
 
 

 

Tancredi et Alberto Alemagna: le style de famille qui se renouvelle

 
 
Il existe plusieurs formes possibles. T’a comme les initiales des deux frères Tancredi et Alberto Alemagna qui se sont lancés corps et âme dans une nouvelle aventure ou T’a comme T’amo (je t’aime). Mais le véritable trait d’union est le sentiment italien.
 Tancredi et Alberto représentent la quatrième génération d’une famille qui a marqué l’histoire du panettone italien dans le monde. Les deux frères, dont les caractères et les tempéraments sont différents, bien que complémentaires, ont un but commun : bien travailler, avec le goût et la détermination de ceux qui s’engagent en première personne et dont la tradition familiale constitue une garantie.
 La tradition et la créativité au service du métier de la famille, revisité de façon contemporaine et animé par l’esprit d’entreprise. Les temps ont changé mais la famille demeure la même : même façon de concevoir la vie, la qualité des produits, la dimension éthique du travail et de l’entreprise.
 Apprendre à bien travailler. Avec passion, avec le goût de la vie. Avec le sentiment de celui qui s’engage en première personne afin d’écrire son destin.
 Une nouvelle marque, un nouveau produit qui combine tradition et créativité. Le défi est de proposer le métier de famille revisité de façon contemporaine et animé par un esprit d’entreprise moderne qui explore les nouvelles tendances et les transforme en produits raffinés et séduisants.
Les passions…c’est dans les gènes. De cette grande famille, Tancredi et Alberto ont hérité de la passion, de l’esprit d’initiative ainsi que de l’application dans le travail : des ingrédients qu’ils utilisent aujourd’hui pour produire le chocolat.
Ils se souviennent encore de leurs goûters à base de chocolat, avec leur grand père. Le chocolat, si fait dans les règles de l’art, est une synthèse de tradition et d’innovation, de qualité et de raffinement. « C’est un luxe gourmand à savourer seuls ou à partager à n’importe quelle occasion » affirment-ils.
 Tancredi et Alberto ont décidé de travailler dans une double dimension: la qualité et le design. La qualité est celle des plus grands maîtres chocolatiers italiens et des matières premières de très haute qualité qui viennent de l’Amérique du Sud.
 Le design est celui de l’éco emballage, innovant et étudié dans les moindres détails. Les boîtes ont des formes linéaires et fonctionnelles. La partie extérieure est réalisée en un carton tiré de la levure de bière alors qu’à l’intérieur les chocolats sont placés sur un plateau en papeterie, 100% cellulose. Afin de faciliter le service et d’améliorer la vue, la position des chocolats est inclinée de 45°.
 Il y a exactement 50 ans, le grand père Alberto recevait l’Oscar de l’emballage pour sa célèbre chapelière à panettone. Aujourd’hui, ce prestigieux trophée revient chez les Alemagna.
En effet, en 2008, Tancredi et Alberto ont reçu l’Oscar de l’emballage dans la catégorie « Design de qualité, cadeau et anniversaire » . Ils ont ainsi obtenu le premier prix prestigieux qui les rapproche du travail de leur grand-père chéri et qui est de bon augure pour leur société.
 Les deux frères ont beaucoup de choses en commun: tous les deux sont sociables et des auditeurs pointilleux. Ils adorent rentrer dans l’essence des choses sans vouloir rien donner pour escompté.
Ils aiment voyager, connaître, explorer et se rapprocher du Beau en termes esthétiques : « nous aimons le Beau dans toutes ces formes – affirment-ils à l’unisson - mais tout ce que nous réalisons c’est avec un sentiment de profonde responsabilité ».
D’ailleurs, la responsabilité a toujours été leur compagne fidèle de même que la promesse faite à leur grand-père Alberto : une fois adultes, ils proposeraient à nouveau le métier de la famille au monde entier.
 
 
Tancredi, né en 1980 sous le signe du Bélier, est une personne volcanique, un homme d’action, mondain, exubérant, bavard : un véritable vendeur ! L’enthousiasme est dans ses gènes et l’optimisme est son meilleur ami.
Chef d’entreprise impétueux, il ne se laisse pas décourager par les obstacles.
Tous ceux qui l’entourent finissent par l’aimer car il transmet passion et sentiment.
Bien que très jeune, il a déjà une formation solide. Maîtrise en Economie à la Bocconi et des études à l’Université de Bangkok. Son background culturel est également renforcé par deux expériences de travail à l’étranger: en Chine (Hong Kong et Canton) et à New York. Ensuite, il décide de rentrer en Italie où il travaille pour plusieurs sociétés.
Comme son arrière-grand-père Gioacchino, dit Gino, il est maniaque de la qualité. C’est un homme pratique, capable de flairer les situations ainsi que les odeurs.
De son aïeul, il a également hérité de la capacité de réussir dans tout ce qu’il fait, de façon brillante, même effrontée, mais toujours avec passion.
Même par son attitude effrontée, il nous rappelle Gino « le garçon chef d’entreprise ». Comme ce dernier, il a une force de volonté énorme, de l’enthousiasme, de l’envie de faire et de se mettre en jeu. En un mot : de l’esprit d’initiative.
Quand il sera grand il veut….être un skipper et voyager dans le monde sur un voilier. En attendant, il se consacre corps et âme à cette aventure dans une mer de chocolat !
 
 
 
 
 
 
 
 
Alberto, né en1984 sous le signe du Capricorne, est le petit de la famille.
Plus introverti, réfléchi, calme, il s’arrête pour penser, programmer, adoucir les angles.
En octobre 2006, il obtient la maîtrise en Economie et Législation d’entreprise. Pendant la période de la Bocconi, il étudie également aux universités de Madrid, Buenos Aires et Richmond aux Etats-Unis.
 Comme son grand-père, dont il porte le nom, Alberto est un « dévoreur de nouveautés ». Il voyage souvent et à son retour il ramène un bagage de connaissances, de nouvelles acquisitions, de nouvelles idées. C’est un comptable qui « tisse sa toile d’araignée jour après jour ». Il est aussi capable d’envisager les « produits » sous leur aspect le plus industriel, jouant ainsi le rôle de l’avocat du diable entre Tancredi et son optimisme.
Quand il sera grand il veut…devenir maire de Milan mais pour l’instant il étudie pour devenir chef d’entreprise.
 
Ils viennent en Principauté de Monaco avec leurs amis pour s’amuser bien qu’aujourd’hui ils commencent à avoir également un intérêt commercial.
 
Leur plus cher souvenir? Le Noël célébré en famille le dimanche d’avant et la coupe du Panettone.
Tancredi et Alberto se souviennent de leur grand-père qui réservait à la famille le dernier panettone de la production. Il le coupait soigneusement avec son couteau et le distribuait à ses neveux avec les jouets tant attendus.
 
Et…en paraphrasant la célèbre rengaine publicitaire : « ullallah è una cuccagna » (Oh ! c’est une cocagne) - on pourrait dire – son tornati gli Alemagna (la famille Alemagna est revenue).
 
Il existe plusieurs variétés de chocolat T’a: chocolat au lait 40% cacao du Venezuela mélangé avec de la vanille et du malt, chocolat fondant amer 55% cacao des Pays de l’Equateur au goût vif, chocolat  fondant amer 66% de cacao de l’Equateur mélangé avec des arômes florales au goût plus délicat et enfin le Fondant noir 75% cacao du Venezuela qui laisse un goût persistant avec une pointe d’amer.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Fréquentation touristique de Monaco :

l’embellie formidable de 2007 sera moindre en 2008

 
A Monaco, les chiffres de la fréquentation touristique relatifs à l’année 2007 indiquent, en cumul, une progression record de l'activité par rapport à toutes les années antérieures. Cette embellie de conjoncture consolide encore les perspectives optimistes des professionnels du tourisme qui notaient la saison dernière une progression effective des visiteurs en Principauté. Les prévisions ont même été dépassées d’après Michel Bouquier, délégué général de la Direction du tourisme et des congrès.
« Les taux de croissance mensuels de la fréquentation touristique se sont révélés très prometteurs et traduisent le franchissement d'un palier au regard des résultats des quatre dernières années, majoritairement positives. Soit une croissance cumulée dépassant les 36 %. Le cru 2007 est donc fantastique et demeure l’année de référence avec tous les chiffres à la hausse. Par exemple, l’hôtellerie a augmenté son résultat de 16 % par rapport à 2006. Le tourisme d’affaires affiche + 10 % où la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis sont les trois marchés dominants. A ce sujet, on a noté un retour massif des Américains : + 71 %. La restauration, les commerces ont également profité de cet afflux touristique. C’est du jamais vu : on a dépassé les 950.000 nuitées, Au plan des croisières, nous sommes arrivés à un excellent palier où la Principauté est devenue la tête de ligne que nous souhaitions avec un panel de toutes les grandes compagnies de navigation représentées. Cela augure une bonne saison 2008 et le spectre de 2001 est complètement effacé… »
Quel est le secret de cette ascension fulgurante ?
« Ce sont les différents facteurs qui mettent Monaco sous les projecteurs dans le monde. Les cinq marchés de base – France, Etats-Unis, Allemagne, Italie et Grande-Bretagne – représentaient il y a une vingtaine d’années 80 % des séjours hôteliers. Aujourd’hui leur part n’est plus que de 65 %. Donc nous avons une pénétration plus importantes des pays comme l’Australie, l’Amérique du Sud, des Emirats Arabes, de la Russie… qui amènent en Principauté une population très internationale. Citons également les valeurs modernes soutenues par le prince Albert. Les protections de l’environnement et de la nature, la lutte contre le réchauffement climatique, l’aide humanitaire, les promotions de la culture et du sport sont autant d’éléments qui placent le pays au cœur de l’intérêt général. Certes, la modernité des infrastructures d’accueil monégasques et les nouveaux concepts jouent aussi un rôle. Sans oublier l’important calendrier de manifestations qui offre des événements toutes les semaines. L’ensemble concourt au succès de Monaco, entité spéciale, unique, qui attire touristes, personnalités, célébrités… »
Quels pays restent à séduire ?
« Citons la Chine, marché spécial où l’on va chercher des milliardaires friands de prestations prestigieuses. Car on ne peut pas accueillir massivement cette forte population de l’Asie : ils étaient 41 millions de touristes chinois à franchir les frontières en 2007 d’après les statistiques, dont 1,6 million à séjourner en Europe ! On peut faire beaucoup mieux aussi en Allemagne, Suisse, Norvège, Irlande et dans ces autres pays européens reliés à Nice par des compagnies aériennes à bas coût. Nous avons aussi en projet de tripler le nombre d’Australiens qui viennent à Monaco : ils représentent aujourd’hui 1 % de nos touristes. C’est déjà remarquable quand on connaît la distance qui sépare les deux pays… Nous bénéficierons à la fin 2009, de l’exposition Princesse-Grace à Melbourne pour réussir cet objectif. Au plan du tourisme d’affaires, technique de marketing très spéciale, nous allons amplifier notre action de démarchage. Et notre travail consistera aussi à resserrer les liens avec tous les partenaires du tourisme local afin d’aller dans la même direction et avec le même message. »
Quel est le « meilleur élève » pour Monaco ?
« C’est sans équivoque l’Italie. C’est une population qui recherche surtout les loisirs et c’est 65.000 transalpins qui ont séjourné dans nos hôtels en 2007, trois nuits en moyenne. On note en deuxième position les Français avec 58.000 personnes, suivis des Anglais avec 48.300, et des Américains avec 37.000 arrivées. »
Allez-vous étendre votre prospection vers d’autres nations ?
« Oui ! L’inde, le Brésil et l’Amérique du Sud en général représentent un vrai potentiel pour Monaco. Or, comme nous avons 2.700 chambres d’hôtel, nous essayons d’avoir une haute saison permanente chaque année en Principauté. L’offre proposée varie suivant les populations, mais elle va de la remise en forme à l’événementiel, en passant par la culture, la visite de jardins (pour les Anglais), la voile, la nature, les concerts (pour les Allemands), le casino et le shopping (pour les Chinois), etc.
Allez-vous poursuivre votre investissement dans le tourisme d’affaires ?
« Evidemment ! Nous avons un slogan pour y parvenir : « Vous recherchez un lieu pour votre congrès ou conférence ? Nous vous offrons un pays entier ! » Et nous tenons nos promesses avec un programme composé d’une cinquantaine de prestations personnalisées que nous proposons sur un plateau en vingt-quatre heures. »
2008 ne va-t-il pas ralentir vos espérances avec les prémices de crise économique ?
« Certes, après un cycle de quatre années d’augmentation nous restons prudents. La récession est visible avec un dollar en baisse, le yen qui le suit, le baril de pétrole à des prix jamais atteints, le dangers des subprimes, la baisse du pouvoir d’achat, etc. Mais nous avons pris en compte ces indicateurs et adopté des stratégies de relances, sensibilisé des consommateurs qui recherchent la qualité, etc. Il est prévu de consolider notre augmentation en 2008 plus modestement qu’au cours des quatre dernières années en tablant sur 5 % de clientèle en plus. Soit un taux d’occupation des hôtels consolidé autour de 63 % en incluant les chambres du Novotel.
 Et pour les touristes à la journée ?
« Il est difficile de comptabiliser précisément ce flux de passage. Mais les structures actuelles permettent tout de même d’affirmer qu’il y a eu au moins cinq millions de visiteurs en Principauté sur les douze derniers mois et plus de deux millions sur la seule période estivale de juillet, août et septembre. Certes, l’exposition Grace Kelly au Grimaldi forum, a drainé à elle seule plus de 135.000 personnes. »
Le responsable de la DTC promet d’autres résultats, plus ciblés encore, avec les prochaines enquêtes sur les dépenses effectives des croisiéristes en Principauté et, plus tard, celles des vacanciers « terrestres ». Mais sur l’heure, Michel Bouquier exulte avec « un excellent carnet de commandes pour le tourisme d’affaires et plus de manifestations en préparation pour 2008. Et nous avons encore quelques « munitions » en réserve s’il le fallait pour créer l’événement… »
Jean-Marie FIORUCCI

 

Plein été pour le « Printemps des Arts » 2008

 
La culture à une place privilégiée en Principauté. Et son fleuron, le « Printemps des Arts », a acquis une renommée internationale. Quelle aventure musicale extraordinaire ! Marc Monnet, le directeur artistique, a pu constater un succès sans précédent de fréquentation pour le millésime 2008. Sa programmation a été reconnue élégante et de qualité avec un mélange des multiples styles artistiques : musique, cinéma, théâtre, danse, exposition… Cet homme a vraiment la culture des idées. Certes, il y a deux façons de penser : accueillir aveuglément les avis habituels comme ils se présentent ou s’adonner à de nouvelles associations des vues de l’esprit, ou encore, chose plus rare, à d’originales dissociations d’idées. Cette dernière pratique lui a permis d’éliminer les dommages causés par l’acceptation de ce que l’on nomme communément l’ordinaire, le banal ou l’habitude. Il lui fallait donc établir de nouvelles vérités, parier sur l’exception, surprendre les plus curieux et engendrer l’acceptation. Il semble avoir réussi grâce à des exigences logiques et créatrices, ses clins d’œil aux jeux intellectuels, et sa manière de souffler le paradoxe brillant et ironique.
       C’est votre cinquième année d’homme fort du « Printemps des arts ». Faites-nous part de vos réflexions ?
       Elles sont positives. Ce festival à vingt-quatre ans et je m’étais fixé plusieurs objectifs afin d’avancer. Globalement, je suis satisfait : augmentation du public, programmation assez large au niveau musical, réintroduction de la création, etc. Sans oublier la participation des institutions monégasques. Et cette année nous avons travaillé pour la première fois avec l’Opéra de Monte-Carlo et le Musée national. L’ouverture vers l’extérieur, grâce à un accord avec la ville de Nice, nous ont aussi permis des actions communes avec le Philharmonique et le Théâtre niçois. Plus un concert à Menton !
       Pourquoi délocaliser le festival hors les murs de la Principauté ?
       Pour une logique de public ! Monaco n’a jamais représenté 100% de la fréquentation du Printemps des arts. Car l’exigüité du territoire ne permet pas d’avoir un bassin de public suffisant. Forcément, il fallait s’ouvrir sur l’extérieur. Toutefois 98% des représentations du festival sont organisées intra-muros. Puis, nos orientations vers le conservatoire national de région, l’Académie de musique Rainier-III et le conservatoire de Menton nous permettront d’amplifier la fréquentation des jeunes. Ils sont trop exclus de la musique classique.
       Vous avez également repoussé les frontières artistiques du Moyen Age au XXIe siècle. Le public arrive-t-il à assimiler cette large période en quelque trois semaines ?
       En quatre ans, nous avons doublé la fréquentation et la progression est permanente. Même sur Monaco. Donc le spectateur, l’auditeur, le mélomane suit ! C’était aussi mon pari de démonter que notre répertoire est colossal, presque infini… Alors, écoutons les différences de ce patrimoine artistique qui constitue notre Histoire. Cette musique a évolué jusqu’à aujourd’hui et elle continuera, j’espère.
       L’intégrale des trente-deux sonates de Beethoven ne représente-t-elle pas un marathon difficile à suivre ?
       Je suis peut-être hostile aux intégrales, mais les sonates de Beethoven offrent une lecture extraordinaire de toute l’œuvre du compositeur allemand. Toutes les évolutions constatées dans les sonates se retrouvent dans les quatuors, dans les symphonies… Cette lecture était intéressante avec une présentation des œuvres en préambule de chaque concert. Comme un guide. Globalement, c’était trop lourd ! Et François Frédéric Guy est un des pianistes français les plus en vue actuellement. Il fait une grande carrière internationale, car c’est un beethovénien dans l’âme…
       Le concert à domicile n’est-il pas une mode compassée ?
       Cette initiative à un grand succès. Il y a un véritablement engouement pour ces concerts et les raisons sont simples à comprendre. Le public à besoin de plus en plus de sortir des rituels pratiqués. Prenez l’autre exemple du concert-surprise. Comment explique vous cet enthousiasme alors que les gens ne connaissent ni le programme ni le lieu ? Parce qu’ils ont besoin de changer leurs habitudes, rompre avec la monotonie des formes… J’ai également constaté le plaisir des auditeurs d’être à deux ou trois mètres de distance des musiciens. Ce n’est pas une invention, on réactive la musique de chambre. Cela crée une intimité, une discussion entre les musiciens et le public. Il n’y a plus la barrière de la scène. C’est une véritable communion
       Vous persévérez dans la musique contemporaine alors qu’elle ne fait pas recette…
       La place de la musique contemporaine est moindre. Elle se limite à quatre créations par an. Le centenaire de Messiaen, est-ce véritablement de la musique contemporaine ? Quoi qu’il en soit, les œuvres du passée et d’aujourd’hui gagnent à se rencontrer. Cette année, par exemple, nous avons fait un portrait Chopin. J’ai demandé à un compositeur d’écrire une pièce comme une sorte d’hommage à Chopin. Pour un concert de musique du XIIe et XIIIe siècle, j’ai souhaité d’un autre compositeur une œuvre pour des instruments spécifiques de cette époque, et suggéré à la formation Alla Francesca de la jouer. Tout a très bien fonctionné… Depuis quatre ans on n’a eu aucun problème au niveau de l’acceptation. Je ne souhaite pas d’ailleurs un festival entièrement dédié à la musique contemporaine.
       Quel temps passez-vous sur la programmation,
       Une année pour une cinquantaine de manifestations, soit une saison en vingt jours. Je commence à penser à des œuvres de compositeurs et à partir de là je cherche les instrumentistes ou les ensembles qui vont bien fonctionner. J’essaye de faire découvrir des œuvres méconnues.
       Comment qualifieriez-vous l’édition 2008 ?
       C’est difficile. Je me suis interdit de prendre une thématique : c’est un carcan. Je préfère des voyages avec les compositeurs. L’oreille du public en sort grandie, même si l’on ne peut pas tout aimer. Puis j’ai repris des concerts longs, comme au XVIIIe siècle où la durée dépassait allègrement quatre heures : les trois récitals Chopin (20h-minuit) par exemple. Je contraste avec des prestations très courtes, comme le Messiaen qui a duré cinquante minutes environ.
       Quand entendra-t-on une œuvre de Marc Monnet au Printemps des arts ?
       Déontologiquement, je me dois de tenir une ligne. C’est trop facile d’appuyer sur un bouton pour se programmer. Mais je le ferai par respect pour le public qui me connaît.
       Vous avez ajouté d’autres formes artistiques autour de la musique. L’éclectisme réunit-il ?
       L’interpénétration des publics est difficile, chacun a ses sensibilités. Mais je trouve important, dans le cadre du festival, d’ouvrir sur différentes pratiques. Je ne me fait pas d’illusion, mais c’est une amorce. Enfin, la programmation 2009 est fini et nous avons déhà eu une réunion pour 2010.
       Quel est le regard de la princesse Caroline ?
       La princesse Caroline soutient fortement le festival. Sans elle, franchement, nous n’en serions pas là. C’est une femme intelligente, clairvoyante et j’ai une chance inouïe d’avoir pareille présidente doublée d’une femme d’une haute culture. Je suis conscient de ce privilège.
 
Il est bien question d’un directeur musical soucieux de mener une lutte systématique contre la routine d’aujourd’hui, l’ennui musical et de rehausser l’ordinaire de la tradition. On n’ose plus borner le nombre de printemps au « Printemps des arts ».
Propos recueillis par Jean-Marie FIORUCCI
 

UN APRES MIDI AVEC FERNANDA CASIRAGHI

 
Q: Mme Casiraghi, quelle mémoire gardez-vous de votre enfance?
R : Je suis née à Milan où j’ai  grandi, c’était une belle famille mais un petit peu différente de celle traditionnelle parce ce je n’ai jamais vu mon père, il mourut avant de ma naissance. Pour cette raison ma mère décida d’aller habiter avec ma tante qui a été pour moi comme la seconde mère et que je rappelle avec affection. Ensuite, ma mère décida de se remarier et les choses changèrent puisque je demeurai chez ma tante qui, à ce temps là, était la propriétaire d’une compagnie qui importait le charbon principalement de la Pologne, Allemagne et Sud Afrique.
Q : Un entrepreneur femme : c’est déjà surprenant pour cette époque-là !
R : Exactement, et je pense que j’ai eu de la chance tenu compte qu’on m’a donnée l’opportunité d’étudier, c’étaient les ans de la seconde guerre mondiale et à l’age de  17 ans, à cause de problèmes de santé de ma tante, je  fus obligée à travailler pour la compagnie et donner mon aide.
Q : Quand est-ce que vous avez décidé d’avoir votre propre famille ?
R : Je connus mon mari, le fils de quelqu’un de la famille, il me fut présenté selon la tradition de ce temps là. Nous nous fréquentâmes jusqu’à la fin de la guerre alors qu’il me demanda de l’épouser. Nous étions heureux et nous étions vraiment jeunes : à 21 ans Giancarlo, dont le père était originaire de la Brianza, était enseignant et avait bougé en Valtellina, au nord de Milan, pour son travail et y vit pour 20 ans. Alors qu’il rentra à Milan il décida de se joindre à notre compagnie et à partir de ce moment là - même si aucun de nous ne se rendit compte de ça – nous commençâmes à construire ensemble la réalité entrepreneuriale.
Q : Un couple dans la vie et dans les affaires donc…
R : Totalement différents du point de vue du caractère, lui, intuitif et extroverti, moi, plus introverti et  réfléchie, peut-être à la suite de mon enfance et naturellement cette diversité complémentaire était notre point de force sur le plan privé et professionnel. Notre premier but était de donner vigueur et énergie à la compagnie de ma tante.  En réalité, après la guerre, avec l’arrivée des Américains en Italie, nous décidâmes de passer du charbon à la commercialisation de l’huile combustible.
Q : Pourquoi donc ce changement ?
R : On a fait un choix stratégique. En plus, à ce temps là à Milan les familles n’avaient pas d’argent pour changer leurs installations à charbon avec celles  plus performantes à l’huile combustible. D’ici l’intuition de mon mari qui décida de changer à nos dépenses les installations des immeubles qui passaient aux nouvelles technologies: de cette façon on avait le contrat de maintien outre que le contrat de fourniture pour une période de cinq ans environs. Un système qui nous permit d’atteindre dans un bref délai le contrôle de la plupart des installations de réchauffage de la ville de Milan.
Q : Un succès après l’autre……
R : Je crois que les choses arrivent au temps et lieu convenables. Pensez qu’en 1956 à la foire de Milan il nous arriva de rencontrer des gens d’une société américaine qui nous proposa de participer à la construction des installations de conditionnement. Encore une fois une idée tout à fait différente qui fut considérée plus comme un défi et nous l’acceptâmes : après peu de temps, nous commençâmes à fabriquer les conditionneurs. Le tournant   fut le moment où nous établîmes un rapport de partnership avec la Total : le groupe, au dehors de son contexte, voulait entrer dans le marché milanais et donc ils nous ont demandé de les aider vu que nous avions le contrôle de la plupart des immeubles à Milan.
Ensuite voilà une autre contrat signifiant de partnership avec la Carrier Corporation, société américaine, à propos de la fabrication de conditionneurs : le groupe s’adressa à nous  alors que nous étions la société leader de petits conditionneurs.
Q : Ayant changé beaucoup,  vous deviez faire des changements dans votre structure…
R : Forcément, avec le temps nous avions fait beaucoup de progrès, bien sûr, et la structure passait de 20 à 20.000 employés qui travaillaient en diverses compagnies et qui s’intéressaient aux  affaires et projets tout à fait différents l’un de l’autre.
Q : Vous menaient une vie active et riche de satisfactions; est-ce que vous aviez le temps de penser à vous-mêmes comme couple ?
R : Bien sûr que oui. Entretemps, notre famille aussi grandissait puisque nous avions eu cinq enfants: Marco fait l’ingénieur aujourd’hui, Rosalba a accompli ses études à l’Université Bocconi, c’est la seule femme présente dans le Conseil d’Administration chez Banca Intesa, Daniele a eu un accident très sérieux à l’age de 13 ans et en suivant ma volonté il a achevé une partie de ses études et bougea à Londres, le résultat c’est qu’il est polyglotte et un comptable très habile. Même Pierino était de la famille mais il mourut très petit et Stefano eut le terrible accident dont tout le monde se souvient.
Q : Et la compagnie de famille a toujours fait des progrès de plus en plus importants et vous, Madame, vous étiez toujours là….
R : Pendant ces années ma figure a été toujours active au sein de la compagnie, j’ai pris le congé maternel pour suivre les premiers deux enfants de 1950 à 1954 mais après mon mari m’a demandé de rentrer puisqu’il n’était pas si content de nos  directeurs d’administration.
Q : Et puis d’autres changements jusqu’au secteur immobilier…
R : Couramment nous sommes plus connus pour cette dernière activité bien qu’elle ne soit pas la plus importante. En réalité notre investissement immobilier est né du fait que  nous avons cédé à la Total l’activité mise en marche ensemble mais le groupe ne voulait pas acquérir les immeubles et donc a loué nos bureaux. De là on a conçu d’autres projets comme ceux relatifs à la restauration, la construction et la ré-construction de bureaux à cause de transformations des compagnies etc..
Q : Une vie, une historie et une société en évolution constante…
R : C’est vrai C’est comme ça que nous avons vécu notre vie. Pensez que lorsque Stefano rencontra Caroline, avant ce moment là j’étais allée à Montecarlo probablement trois fois et après j’y ai passé une partie importante de ma vie et surtout nous choisîmes la Côte d’Azur comme destination idéale pour nos grandes vacances et même aujourd’hui nous passons  les vacances dans notre maison de Saint Jean Cap Ferrat. Les choses ont changé avec le temps et Monte Carlo appartient à mon coeur il y a beaucoup de mon passé et  mes amis. Je vis ici dans une maison que Stefano m’avait presque poussée à acheter mais que je considère la maison à laquelle je me sens  plus liée, avec la propriété de Fino Mornasco.
Q : Vous vivez à Monaco, et vous soutenez de nombreuses activités et parmi la communauté italienne résidante vous êtes bien réputée …
R : Depuis trois ans je suis le Président de l’association Entrepreneurs Italiens de Monaco (AIIM), c’est une fonction dont je suis fière et à laquelle je tiens beaucoup. Je crois que c’est fondamental le rôle et l’existence d’une entité qui représente et devient porte-parole des intérêts entrepreneurials des italiens soit auprès des organes du gouvernement de la Principauté qu’auprès du Gouvernement Italien. Mon espoir et mon souhait c’est que l’AIIM puisse développer jusqu’à devenir un organe de référence pour tous les entrepreneurs italiens résidants et ceux qui veulent travailler et investir dans la Principauté.
Q : Encore un mot sur son intense vie… est-ce qu’il y a encore quelque chose que vous voulez exposer aux lecteurs ?
R : ..Un beau souvenir…le voilà…même aujourd’hui je le trouve émouvant c’est le moment où mon mari a reçu le titre de Chevalier du Travail à l’âge de 44 ans, incroyablement jeune !
Le travail était important pour nous, au point que j’ai l’impression que je n’avais pas dédié assez de temps à mes enfants Les fêtes étaient le moment où toute la famille se réunissait …j’ai encore de la nostalgie pour les jours de Noël quand nous étions tous ensemble avec le Prince Ranieri III.
Q : Qu’est-ce que vous souhaitez pour le futur de la Principauté ?
R : J’aperçois un futur brillant pour Monaco, une grande Principauté. Le Prince Albert est un homme généreux et capable, évidemment il continuera la tradition des Grimaldi. Si j’ai la chance de vivre cette évolution, j’en serais ravie et fort stimulée étant donné que j’y passe la plupart de mon temps.
 
A présent Mme Fernanda Casiraghi gère directement tout le patrimoine immobilier de la famille et suit avec le fils aîné Marco les affaires de famille aussi que les sociétés créées dans la principauté par le fils Stefano Casiraghi.            
  
 

DANIELE BOGIATTO

SUPER EXPERT en eBay

LA RENAISSANCE DU WEB

 
Daniele Bogiatto est un super expert de l'eBay Italie. 
« En 1995 je commence à utiliser l'Internet comme un simple navigateur, je n'aurais jamais pensé pouvoir commercialiser sur Internet. Je débute professionnellement en 1991 en tenant des cours de communication et formation pour les compagnies, ma qualité de vie est fort compliquée et pas du tout satisfaisante pour ma famille, je voyage du nord au sud de l'Italie, je demeure le plus souvent hors de la maison, je dédie peu de temps aux enfants. En 2002 je lis un livre où j'apprends que eBay facture 25 fois le plus que la Fiat et à vrai dire  cette nouvelle a suscité un certain intérêt en moi. Je m'enregistre à eBay, en peu de temps j'effectue mon premier achat on line, un manuscrit du XVIIème siècle, je suis satisfait de mon achat, je suis ravi du vendeur et le livre correspond effectivement au message publicisé. Mon deuxième achat est le moment le plus important de ma vie. Je veux acheter un Lego Duplo pour les enfants et je trouve un lot grand, je n'ai pas réussi à contacter via email le vendeur qui ensuite m'a donné un coup de fil: vu qu'il demeure lui aussi à Turin nous avons décidé de nous rencontrer chez lui. Quand je suis arrivé en cette villa superbe, je découvre que dans tous les coins il y a des jouets et nous avons passé trois heures parler du monde eBay. Après trois mois je réalise de 6000 à 8000 euros par mois, après six mois je ferme mon bureau en annulant les contrats de travail et me concentre uniquement sur le commerce eBay. Initialement j'ai vendu les souvenirs que j'avais chez moi et que j'avais achetés pendant mes voyages, ensuite c'était le tour des objets accumulés  à la cave. En 2003 nous sommes la seule famille italienne à vivre uniquement sur les affaires réalisées au sein de l'eBay. En 2004 je décide de faire la formation sur comment se conduire dans le monde d'eBay et j'ai obtenu le soutien d'eBay Italie. En 2005 j'ai créé la figure du consultant stratégique d'entreprise pour l'e-commerce sur eBay.
En 2007 je suis nommé représentant unique d'eBay Italie. Couramment j'ai la compétence de créer et développer une société on line. J'ai abouti à créer un modèle le seul dans le monde entier afin de transférer  l'image personnelle ou sociétaire sur le web. Repositionner le web en positionnant l'individu ou la compagnie au centre du système: c'est pour moi la Renaissance du Web et sa nouvelle interprétation. A présent la société nous a habitué au fait que la publicité est confiée à des compagnies prédisposées qui planifient la communication quelle que soit le mass media ou autre, en véhiculant l'image ou l'idée qu'on a décidé de publiciser. Aujourd'hui le média est la personne même qui a une énorme puissance, le garçon qui lance une marque ou une idée sur Internet a plus de puissance que la compagnie qui investit des centaines de milliers d'euros. Bien sûr, il y a eu un déplacement du pouvoir de ceux qui ont les moyens à ceux qui ont le pouvoir dans leurs mains puisque ce sont eux mêmes qui sont un média et sont aussi un média pour eux mêmes. Si l'on s'ouvre au monde du web, il n'est pas toléré de faire semblant. Le web aujourd'hui est un système de pouvoir et donc le pouvoir appartient à beaucoup de médias qui sont les divers usagers d'Internet avec leurs propres règles. La compagnie de succès est celle qui sait comment se rapporter à eux. Pas question d'argent mais simplement c'est une question de règles:on fait l'investissement par des  règles qui sont tout à fait différentes du monde traditionnel. Biens des sociétés de communication tendent à appliquer au web les règles qui utilisent dans le monde off line et achèvent des résultats insuffisants: à présent il y a des instruments qui permettent de planifier le positionnement sur le web par des campagnes publicitaires progressives qui se développent et se modèlent grâce à la collaboration et aux indications des usagers mêmes. Sans aucun doute le web est la plus grande révolution que l'homme n'aie jamais eue! »

 

SEM René Novella: mémoires d’écrivain et de grand serviteur de l’Etat

 
Tout en se pliant aux conventions de sa fonction de Secrétaire d’État, SEM René Novella aime à référencer sa « mémoire monégasque ». De sa transposition sincère des souvenirs d’une vie active, il en résulte des instants d’énergie et d’indépendance où son rôle apparaît toujours secondaire et avec pour seul héros le Souverain servi. Si cet homme se penche sur son passé, tout en parlant d’avenir, c’est pour revivre les intenses émotions de naguère, alors qu’il se frayait un chemin dans l’histoire de son pays. Cette grande fresque est animée par des personnages presque pris sur le vif de ses vingt-cinq ouvrages et certaines scènes de sa longue carrière diplomatique sont inoubliables. Son récit offre une peinture étonnamment exacte de la Principauté et de son âme où la pire crise sait s’atténuer en pudique tendresse, où le surnaturel côtoie les plus prosaïques réalités, où se joue avec un humour délectable le jeu confondant de la vie.
 
     SEM René Novella, pouvez-vous nous rappeler brièvement votre carrière ?
Mes débuts ont mêlé études et travail pour enseigner les mathématiques, le français, la philosophie et le latin. A l’issue de la guerre, j’ai voulu traduire de l’italien des « Nouvelles » de Matteo Bandello, appelé le Boccace lombard, bien qu’évêque d’Agen. Puis, se sont les premières œuvres de Curzio Malaparte où j’ai cherché à rendre compréhensible la complexité des sonorités italiennes dans notre langue. Jean Giono et Jean Mistler, membres du comité de lecture des Editions du Rocher de l’époque ont insisté auprès du directeur Charles Orengo pour me faire intégrer cette maison comme secrétaire général. Mais seulement après mon mariage, le 18 octobre 1947 ! J’ai ensuite occupé les fonctions de chef du service édition à l’Imprimerie nationale locale. Bien plus tard elles se mueront en conservateur de la Bibliothèque de Monaco. S’ajoutaient alors quatorze autres charges, comme secrétaire général de la commission nationale pour l’Unesco, puis délégué à la Francophonie, etc. Un petit détour comme secrétaire général des Affaires culturelles et des congrès et je passais directeur de l’Education nationale. A la veille de mes 60 ans, le prince Rainier III m’a confié l’Ambassade de Rome. Quelque dix-huit ans plus tard, mon activité n’était pas terminée : me voici secrétaire d’Etat.
 
     Que représente cette charge en principauté ?
C’est pratiquement le chef de la maison princière dont la mission essentielle est le contreseing des lois et ordonnances souveraines déjà signées par le prince. Par deux fois, il m’est arrivé de refuser le visa… Pour une ordonnance du prince Rainier modifiant le système de la succession au trône où j’avais relevé un non-sens. C’était moins grave pour celle du prince Albert II sur la liberté de la presse où l’on énumérait les conditions à remplir pour diriger un périodique. Il était question d’avoir dix-huit ans : à 17 c’est trop tôt, à 19 c’est trop tard... C’était matière à procès et l’on a rajouté « au moins ». Ma passion d’éditeur m’a toujours incité à faire la chasse aux coquilles typographiques…
 
     Comment expliquez-vous le succès de Monaco ?
C’est la suite d’une réussite qui débute avec la création de Monte-Carlo et due essentiellement à une trilogie : le prince Rainier III, protecteur des lettres et des arts, prince bâtisseur ; la princesse Grace qui a fait l’actualité mondiale avec le mariage du siècle ; le prince Albert II qui exporte Monaco à travers la planète et s’implique dans les problèmes du monde actuel.  
 
     Qui est véritablement le prince Albert II ?
C’est d’abord un enfant qui a fréquenté un établissement public à la demande de son père. Un adolescent qui a montré de véritables dispositions à sa future carrière. Un prince qui sait écouter, juger, décider avec une mémoire infaillible et une perfection du détail.
 
     Que répondez-vous aux attaques des médias sur la situation fiscale de Monaco ?
J’ai toujours rejeté cette tournure de « paradis fiscal » pour la principauté. Ce n’est pas un pays qui, pour attirer des capitaux, a supprimé certains impôts. Il n’en a jamais été question d’ailleurs. C’est même le processus contraire qui a conduit à la situation actuelle. Lorsque Monaco perd Menton et Roquebrune, c’est 90% de la population et 95% de ses richesses (les agrumes, les oliviers, les primeurs, etc.) qui disparaissent. Nous voilà réduit à un Rocher avec peu d’habitants, à un quartier de la Condamine sans rien, tout comme au plateau des Spélugues où poussent quelques caroubiers. La situation économique est désastreuse. Charles III a alors l’idée d’exporter les jeux pratiqués dans les villes d’eau allemandes et belges. Avec les créations de la Basse-Corniche et du chemin de fer, le public se rue vers ce nouveau quartier baptisé Monte-Carlo. Deux ans plus tard, l’agent afflue en Principauté. A tel point que la SMB participe à hauteur de 80% dans le budget de l’Etat et se charge pratiquement de tous les services publics. Pourquoi poursuivre en ces temps bénis la collecte d’impôts chez les résidents de Monaco ? Le prince de l’époque supprime alors l’imposition directe sans que cette démarche suscite le moindre reproche jusqu’à ces derniers temps où l’économie a pris une dimension mondiale…
 
     Quel regard jetez-vous sur votre œuvre ?
Malaparte m’incitait à écrire, car le traducteur doit être un écrivain pour que la traduction soit fidèle. Et c’est sur le tard que je me suis mis à cette œuvre, à l’issue d’une demande du palais pour une histoire de Monaco destinée aux écoles. A partir de là, j’ai souvent écrit sur la principauté sous toutes les formes. Jusqu’à la fiction avec les romans : « Camarade Lune » et « Deux curés de campagne ». Actuellement je rédige des mémoires, mais sous la forme d’anecdotes, et titrées pour l’instant : « Les mots, les expressions et les phrases de ma vie ».
 
     Une chose vous manque-t-elle encore ?
On oublie toujours ce que l’on a fait et j’ai hâte de voir paraître mon nouveau livre. Entre-temps sortira une traduction italienne de mon livre « Le Rocher d’alors ». C’est un palier:  vingt-cinq ouvrages en vingt-cinq ans.
 
     La culture est-elle une politique durable ? Comment voyez-vous l’avenir de Monaco ?
Oui, il faut attirer cette élite en Principauté… Et l’avenir sera comme le passé ! C’est–à-dire la continuité des règnes des princes précédents avec chaque fois une adjonction. Actuellement, nous avons un prince qui est jeune et dont le grand mérite, valable pour toute la dynastie des Grimaldi, est d’avoir su s’adapter.
 
Outre son talent de conteur, SEM René Novella montre bien son remarquable pouvoir de suggestion. Bien que ces livres contiennent des histoires particulièrement insolites ou tragiques, il parvient toujours à insuffler une vie et une dimension étonnantes à la plus petite anecdote. Son langage est infiniment savoureux afin d’exprimer ses émotions dont cet auteur a fait ample moisson au cours de ses vies littéraire, diplomatique et administrative.
 

 

Jean-Marie FIORUCCI


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* SEM René Novella est né le 6 février 1922. Après des études générales au lycée Albert-Ier de Monaco, puis supérieures à Aix-en-Provence, débute une longue et prestigieuse carrière dans l’enseignement privé, l’édition. Il est nommé tout à tout conservateur de la bibliothèque communale, secrétaire général des Affaires culturelles et des Congrès, directeur de l’Education nationale, ambassadeur en Italie, Secrétaire d’Etat. Entre temps, il a assumé plusieurs présidences : Commission nationale pour l’Unesco, Festival de télévision, Académie des langues dialectales, Commission de la langue monégasque, Pen Club de Monaco, Fondation C. Sangiorgio. Il a publié des ouvrages de vulgarisation historique, des livres à caractère autobiographique et des œuvres de fiction. Il a également traduit de l’italien des textes littéraires, dont en majorité écrit par Curzio Malaparte. Il est l’auteur de nombreuses préfaces et d’articles édités dans des ouvrages collectifs. Une thèse universitaire a été consacrée à son œuvre.
 
Ses décorations: G.O. de l’Ordre de Saint-Charles; Grand-Croix de l’Ordre des Grimaldi; Com. de l’Ordre du Mérite culturel; Com. des Palmes académiques; O. de l’Ordre souverain militaire de Malte; O. de l’Ordre national du Mérite français; médaille en argent de l’Unesco; Chevalier de l’Ordre de la Légion d’honneur; Com. au Mérite dans l’Ordre constantinien de Saint-Georges; G.O. de l’Ordre du Mérite de la République italienne.